« La digue de Chôkô par une belle arrière-saison » (Chôkô shûsei)
Les « Huit vues des îles Ryûkyû » (Ryûkyû hakkei)
Hokusai Katsushika (1760-1849), vers 1833.
Signé : « zen Hokusai litsu hitsu»
Éditeur : Moriya Jihei
Nishiki-e. Format ôban yoko-e. 258 x 379 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 819
© Bibliothèque nationale de France
Se profilant à l'horizon, plusieurs îlots montagneux émergent d'une mer calme par un temps d'automne. Deux jonques apparaissent au premier plan, à gauche.
Longue et étroite construction de pierre, entrecoupée d'une série de ponts, plus ou moins imposants, la digue de Chôkô, qui reliait le château Naha à la ville du même nom, capitale des îles Ryûkyû (Okinawa aujourd'hui), traverse la composition en diagonale ; elle s'échappe à droite de l'extrémité d'une île, dont on n'aperçoit qu'un pin, un arbre fleuri et un lambeau de terre, pour se prolonger vers un lieu inconnu laissé volontairement hors champ.
Deux personnages empruntent cette voie. Le mystère de cette digue sans fin, l'importance des surfaces laissées vides et l'utilisation limitée des couleurs (bleu, vert, ocre, jaune et gris) accroissent l'impression d'immensité et rapprochent cette œuvre de l'esthétique chinoise, où l'art du vide fait appel à l'imagination de l'observateur. (J. B.)
 
 

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