Iris et sauterelle
Série dite des « Grandes Fleurs »
Hokusai Katsushika (1760-1849), vers 1830-1834.
10 planches,
Signé : « zen Hokusai litsu hitsu»
Éditeur : Eijudô (Nishimuraya Yohachi)
Cachet de censure : kiwame
Nishiki-e ; format ôban yoko-e. 252 x 365 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 844
© Bibliothèque nationale de France
Entre 1830 et 1832, Hokusai composa une série sans titre de dix estampes de grand format horizontal pour la distinguer de celle de plus petit format, dite des Petites Fleurs. Il reprend le thème traditionnel chinois des kachôga, « études de fleurs et d'oiseaux » ; ces derniers n'apparaissent cependant que sur deux de ces dix planches tandis que des pétales ou les feuillages des fleurs représentées, figurent sur cinq estampes de la série.
Hokusai représente, avec finesse et précision, une gerbe d'iris, tout empreinte de vigueur et de fragilité, le vert délicat des longues feuilles veinées se combinant aux fleurs orangées, bigarrées de bleu et de violet, certaines encore en boutons, la plupart déjà ouvertes. Au centre, sur la feuille la plus haute et la plus rigide, mais aussi la plus abîmée, une grosse sauterelle est représentée, de la même couleur que le feuillage qu'elle est occupée à dévorer. À la différence des autres fleurs de la série, qui se détachent toutes sur un fond uniforme, une bande d'un bleu intense allant en s'estompant vers le haut, s'ajoute, dans la partie inférieure de l'estampe, au fond jaune pâle, comme une allusion délicate au milieu naturel (l'eau) auprès duquel l'iris se plaît. Objet d'une symbolique très riche au Japon, l'iris est traditionnellement évoqué dans un grand nombre de poèmes et de pièces de théâtre ; sa fête est célébrée au mois de mai. L'iris est tout à la fois associé au printemps, à la fécondité, mais aussi à la nostalgie, au passé lointain ; il symbolise également la virilité et les samouraïs, la forme des feuilles évoquant la lame de leur sabre (katana). Selon Calza, la sauterelle, insecte parasite qui grignote la feuille de l'iris, illustrerait le triomphe de la classe marchande sur le féodalisme mourant. Van Gogh s'est certainement inspiré de cette estampe pour ses fameux Iris de 1889. (J. B.)
 
 

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