Jeune femme pliant son manteau
« Sept sages dans le bosquet de bambous pour le cercle Shôfûdai » (Shôfûdai shichi kenjin no uchi)
Hokusai Katsushika (1760-1849), vers 1800-1804.
Série de 7 planches (heptaptyque)
Signé : « Hokusai ga »
Inscriptions : titre de la série en haut, à droite, dans un cartouche en forme de tige de bambou ; 2 poèmes de Sôritsu mon Seikin et de Sei Keisoku sur chaque estampe, au-dessus des figures féminines
Surimono ; koban tate-e . 218 x 84 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 754
© Bibliothèque nationale de France
Hokusai conçut cet ensemble de sept petits surimono, dédiés aux beautés féminines, pour le cercle Shôfûdai, club littéraire réunissant des poètes, auteurs de kyoka et fins connaisseurs des grands classiques de la littérature japonaise. Les kyoka-ren, ou clubs de kyoka, se multiplièrent au début du XIXe siècle, chaque club adoptant les principes d'écriture qu'édictait un maître ; au cours de ces réunions de poètes, qui faisaient également office de critiques, on lisait et composait des centaines de poèmes. Les membres du cercle Shôfûdai, commanditaires de ces surimono, inscrivirent deux vers sur chaque estampe.
Cette série constitue une parodie (mitate) d'un thème d'origine chinoise, souvent repris par les artistes japonais, celui dit des « sept sages dans le bosquet de bambous », cercle de poètes, écrivains et musiciens chinois du IIIe siècle. Hokusaiy fait un clin d'œil appuyé en représentant le bosquet de bambous sur les panneaux coulissants qui forment un mur continu à l'arrière-plan et en donnant au cartouche du coin supérieur droit, où figure le titre de la série, la forme d'une tige de bambou sectionnée. Ici, toutefois, de gracieuses jeunes filles, occupées à des tâchesménagères de la vie quotidienne, remplacent les figures mythiques des sept sages. L'une (ci-dessus), saisissant entre ses dents le col d'un vêtement, le plie avec des gestes délicats, empreints d'une grande féminité. Une autre apporte une coupe de saké en laque rouge. Une troisième, apparemment fatiguée, s'appuie nonchalamment sur un balai pour se reposer. Hokusai parvient à conférer une certaine élégance à ces attitudes communes et à ces gestes simples. (J. B.)
 
 

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