« Sagami. Enoshima. L'entrée des grottes » (Sagami. Enoshima. Iwaya no kuchi)
« Vues des sites célèbres des soixante et quelques provinces du Japon » (Rokujû-yoshû meisho zue)
Hiroshige Utagawa (1797-1858), 1853-1856.
15e planche de la série (70 planches)
Signé : « Hiroshige ga »
Inscriptions : en haut, à droite, titres dans des cartouches rectangulaires, le nom de la série, dans un cartouche rouge, celui du titre de l'estampe, dans un cartouche gris (« Sagami » [nom de la province]. « Enoshima » [nom de la localité]. Iwaya no kuchi [« L'entrée des grottes »])
Éditeur : Koshi-Hei (Koshimuraya Heisuke)
Graveur : Horita (sceau à gauche du cartouche de signature de Hiroshige)
Nishiki-e. Format ôban tate-e. 342 x 225 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 1063
© Bibliothèque nationale de France
Hiroshige représente ici le site grandiose d'Enoshima, petite île montagneuse située au large de Kamakura, connue pour ses grottes, les deux plus grandes atteignant soixante-dix et cent cinquante mètres de profondeur. Célèbre lieu de pèlerinage au Japon, comparable au mont Saint-Michel en France, l'île doit sa prospérité aux pèlerins venus honorer Benzaiten, la divinité des arts, de la musique et de la chance, à laquelle elle était consacrée. La corde, tendue depuis le haut d'un rocher au-dessus du chemin, indique l'entrée du sanctuaire shintô. Au premier plan, des vagues écumantes se fracassent sur des falaises déchiquetées, dont la masse imposante contraste avec l'agitation fébrile de la mer, qui s'engouffre dans une grotte tout juste suggérée ; à l'arrière-plan, se dresse, sur une mer devenue calme, le mont Fuji, en partie tronqué. En figurant ainsi l'océan face aux anfractuosités des côtes rocheuses, Hiroshige rend, avec un art consommé, le travail de l'érosion, qu'il assimile à un combat des éléments marin et terrestre, opposant le ressac perpétuel de la mer et les éternels mouvements de l'eau à l'immobilité des rochers rongés par les flots. Ce thème, récurrent chez les paysagistes japonais, des remous près des récifs, symbolisant l'immuabilité et l'éternité, sera repris par certains peintres occidentaux, notamment Claude Monet, Georges Lacombe et Henri Rivière. (J. B.)
 
 

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