« Les feux des renards à la veille du Nouvel An sous l'arbre d'Ôji » (Ôji, Shôzoku enoki, ômisoka no kitsunebi)
Les « Cent vues d'Edo » (Meisho Edo hyakkei)
Hiroshige Utagawa (1797-1858), 1856-1859.
118e planche de la série (119 planches)
Signé : « Hiroshige ga »
Inscriptions : titres de la série et de l'estampe dans les cartouches en haut, à droite
Éditeur : Uoya Eikichi
Nishiki-e ; format ôban tate-e. 324 x 213 mm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE DE-10, J. B. 1085
© Bibliothèque nationale de France
De nuit, sous un ciel étoilé, la veille du Nouvel An, des renards phosphorescents, accompagnés de mystérieuse flammeroles, se rassemblent sous un grand arbre à Ôji, au nord d'Edo, près du sanctuaire shintô d'Inari, la divinité du riz. D'après la légende, les renards, messagers d'Inari et gardiens du temple, étaient dotés de pouvoirs surnaturels : bien que traditionnellement regardés au Japon comme des animaux nuisibles, les renards étaient censés se donner rendez-vous la nuit du dernier jour de l'année sous un micocoulier, pour protéger la récolte du riz et conjurer le mauvais sort ; alors émanaient d'eux des feux follets qui brûlaient à leur côté comme autant de flambeaux alimentés par leur haleine. Les paysans formulaient des vœux : du nombre de flammeroles devait dépendre l'abondance de la récolte à venir. Lorsque mourut le grand arbre de l'époque de Hiroshige, les habitants décidèrent d'en planter un nouveau vénéré de nos jours encore. L'impression de cette planche, tirée dans des teintes de gris, de noir et de bleu, avec quelques touches de vert, de jaune et de rouge, est une prouesse technique ; la perfection dans le rendu du clair-obscur, le traitement de la lumière et des ténèbres, la réussite de l'effet nocturne, rehaussé par la luminosité des renards et le scintillement des étoiles, font de cette estampe un vrai chef-d'œuvre graphique. (J. B.)
 
 

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