anthologie
jeux de princes

QUATRIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE

Latran, 1215
 
Canon 15.
Il est interdit, sous peine de suspense, à tous les clercs de s'adonner à l'ivrognerie, mère de la débauche ; ils éviteront en particulier ces festins o les buveurs se provoquent à qui aura vidé le plus grand nombre de coupes.
Il leur est interdit également de se livrer à la chasse et à l'oisellerie, ils ne pourront posséder ni chiens de chasse ni faucons.

Canon 16.
Les clercs ne pourront s'occuper d'affaires temporelles, surtout si elles sont malhonnêtes ; qu'ils évitent les représentations des mimes, des jongleurs, etc. ; qu'ils ne fréquentent pas les cabarets, sinon en voyage ; qu'ils ne jouent pas aux dés et n'assistent pas à ces jeux ; qu'ils portent la couronne et la tonsure prescrites, s'appliquent aux offices divins et aux autres études profitables. Leurs vêtements seront fermés, ni trop courts ni trop longs. Ils éviteront les étoffes de couleur rouge ou verte, les gants brodés, les souliers à la poulaine, des brides, des selles, des éperons et des poitrails dorés (harnachement des chevaux), etc. Dans le service divin, il leur sera interdit de porter des manteaux de choeur, avec des manches, et les prêtres et dignitaires ne pourront s'en servir, sauf dans des cas de nécessité, quand, par suite d'un danger, ils sont dans l'obligation de revêtir d'autres vêtements. Ils ne devront porter ni boucles, ni ceinture ornée d'or ou d'argent, ni d'anneau, à moins que leur dignité ne les y autorise. Tous les évêques devront paraître revêtus d'habits de lin, à l'exception de ceux qui sont moines et qui conserveront l'habit de leur ordre; ils n'auront pas en publie de manteaux ouverts, mais bien fermés par derrière sur le cou ou par devant sur la poitrine.

Canon 17.
Il est tout à fait regrettable que certains clercs, voire même des prélats, après avoir passé la moitié de leurs nuits à de joyeux festins et à des bavardages inutiles, manquent l'office du matin; d'autres célèbrent la messe à peine quatre fois dans le cours de l'année, et négligent d'y assister ; quand ils y viennent, ils se livrent à des conversations avec les laïcs et ne prêtent nullement attention au service divin. Nous défendons tous ces abus sous peine de suspense, et nous ordonnons aux clercs de fréquenter avec assiduité et avec dévotion l'office divin, tant de jour que de nuit.