Jean-Joseph Dusaulx.
De la passion du jeu depuis les temps anciens jusqu'à nos jours. Paris, Imprimerie de Monsieur, 1779. In-8
BnF, Arsenal, 8 S 2600
Jean Dusaulx, un ancien joueur repenti, publie le dernier ouvrage de l'Ancien Régime hostile aux jeux de hasard. Secrétaire du duc d'Orléans, ami de Jean-Jacques Rousseau et futur conventionnel, Dusaulx dresse un réquisitoire implacable contre le joueur, jugé oisif, dépravé, brutal et égoïste, qui, dévoré par sa passion, retourne à " l'état de nature" et, superstitieux, se nourrit de blasphèmes et de préjugés trahissant une barbarie archaïque. Le joueur, sans cesse tourmenté par des insomnies et des comportements hallucinatoires, est la victime d'une pathologie qui ruine son esprit et ses capacités corporelles. La critique de la fureur du jeu chez Dusaulx dénonce métaphoriquement la crise politique de l'Ancien Régime : les jeux de hasard favorisent la tyrannie des " parvenus" ; ils détruisent la société d'ordres et ses hiérarchies sociales. La passion du jeu brise les valeurs culturelles honnêtes et raisonnables ; elle plonge la société des joueurs dans une folie collective.