Les Nadar, une légende photographique

Les Nadar

en

Champfleury (1821-1889) en chiffonier

Félix Nadar, vers 1853

Dessin en marge du Panthéon Nadar : caricature de la série "Les contemporains de Nadar" publiée dans Le Journal amusant le 5 mars 1859
Dessin au fusain sur papier brun rehaussé à la gouache blanche, 31 x 23,3 cm
BnF, département des Estampes et de la Photographie, RÉSERVE NA-88-BOÎTE ÉCU
© Bibliothèque nationale de France
Champfleury est le pseudonyme de Jules Félix François Husson, dit Fleury. Au moment où paraît le Panthéon-Nadar, le nom de Champfleury est dans l’actualité. Il a fait paraître plusieurs volumes, des pantomimes, un triptyque : Chien-Caillou, Feu Miette et Pauvre trompette (1847), un roman sur la bohème : Les Aventures de Mademoiselle Mariette (1853) et un essai qui a contribué à le lancer : Les Excentriques (1852). Il s’intéresse à Balzac, fréquente depuis longtemps Courbet à la Brasserie Andler et milite pour une esthétique nouvelle : le Réalisme. Il s’est fait connaître surtout par la presse où il a collaboré à de nombreux journaux. Par sa volonté de parvenir exacerbée par son déclassement bohème, il s’est souvent heurté avec Nadar. Néanmoins ce dernier lui a dédicacé quelques années plus tard ses Mémoires du Géant : « À mon vieux camarade Chien Fleury (dit Chien Caillou) ».
Les relations entre Félix Nadar et Champfleury n’ont jamais été très cordiales : ils ont même manqué de se battre en duel en 1848. Tenant du réalisme en peinture et en littérature, Champfleury est représenté en chiffonnier, la hotte sur le dos et le crochet à la main, fouillant les déchets au pied d’une borne. Nadar illustre le reproche fait à l’école réaliste d’aller chercher ses sujets dans la boue et l’ordure en sacrifiant l’idéal et l’élévation morale.