Les Nadar, une légende photographique

Les Nadar

en

Identification du muscle de la frayeur, de l'effroi

Guillaume-Benjamin Duchenne (de Boulogne), 1862

Mécanisme de la physionomie humaine, ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passions, chez Vve J. Renouard (Paris), figure 64
Avec un atlas composé de 74 figures électro-physiologiques photographiées pour la plupart entre 1852 et 1856 par le Dr. Duchenne de Boulogne, assisté d'Adrien Tournachon dit "Nadar Jne". Épreuves sur papier albuminé
BnF, Réserve des livres rares, 4-TB52-20
© Bibliothèque nationale de France
« On a vu que les figures 56 et 57 expriment avec une grande vérité la surprise, l’étonnement, l’ébahissement, par la contraction combinée des abaisseurs de la mâchoire inférieure et des frontaux ; mais cette combinaison musculaire qui produit des mouvements, des lignes et des reliefs analogues, au premier abord, à ceux qui peignent la frayeur, l’effroi, ne peut cependant reproduire ces expressions. Il suffit, pour les faire apparaître, d’associer le peaucier à l’un des muscles moteur du sourcil. » (p. 105)
« En présence des figures 61, 62 et 63, le doute n’est plus possible : cet homme est glacé par l’effroi, frappé de stupeur ; sa face exprime une crainte mêlée d’horreur, à la vue où à la nouvelle d’un danger qui met sa vie en péril, ou d’un supplice inévitable. ‒ Avant l’emploi du chloroforme, le premier temps des opérations chirurgicales faisait naître ordinairement cette expression d’effroi et d’horreur. […] Cette expression d’effroi ne vient en effet parfaitement que par l’association des peauciers et des frontaux avec les abaisseurs du maxillaire inférieur. […] L’agrandissement de l’ouverture palpébrale et le regard hagard que l’on observe sur ces figures ajoutent certainement à l’effet de leur expression. » (p. 107)