La peinture des manuscrits littéraires



Les ouvrages littéraires constituent la seconde catégorie de manuscrits à peinture. Deux grands classiques de la littérature arabe donnent lieu à de nombreuses versions illustrées, fort prisées par une clientèle bourgeoise riche et cultivée. Le premier, Kalîla wa Dimna, est un recueil de fables d'origine indienne adaptées en 750 par Ibn al-Muqaffâ. Le second, les Maqâmât (Séances), est un récit picaresque du XIe siècle dû à al-Harîrî. D'autres ouvrages, comme le roman d'amour platonique de Bayâd et Riyâd dont il reste un seul exemplaire, copié en Espagne musulmane au XIIIe siècle, sont, eux aussi, ornés de miniatures.
Les manuscrits les plus nombreux et les plus remarquables d'un point de vue artistique sont produits en Mésopotamie et en Syrie dans la première moitié du XIIIe siècle. Dégagé peu à peu des influences antérieures, cet art atteint son sommet à Bagdad avec le manuscrit des Maqâmât peint par al-Wâsitî en 1237. Dans des compositions très riches, tant du point de vue de la variété des scènes que des coloris, construites sans perspective, personnages et animaux sont représentés de façon extrêmement vivante. Les rares manuscrits de la même époque qui restent de l'Occident musulman sont très proches stylistiquement.

   


   

La prise de Bagdad en 1258 par les Mongols déplace les centres de production artistique arabe vers la Syrie et l'Egypte mameloukes. La peinture d'illustration continue d'être pratiquée mais avec une réduction des codes de représentation et, inversement, une mise en valeur des éléments décoratifs de l'image. Ce changement stylistique témoigne d'un recul de l'image dans la culture arabo-islamique au moment même la calligraphie et de l'enluminure atteignent des sommets de perfection et de raffinement.
Les versions des Maqâmât, de Kalîla wa Dimna perpétuent néanmoins les traditions picturales classiques, mais de manière plus figée.

Gros plan sur la peinture d'illustration