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Les ouvrages
littéraires constituent la seconde catégorie de manuscrits
à peinture. Deux grands classiques de la littérature arabe
donnent lieu à de nombreuses versions illustrées, fort prisées
par une clientèle bourgeoise riche et cultivée. Le premier,
Kalîla
wa Dimna, est un recueil de fables d'origine indienne adaptées
en 750 par Ibn al-Muqaffâ. Le second, les Maqâmât
(Séances), est un récit picaresque du XIe siècle
dû à al-Harîrî. D'autres ouvrages, comme le roman
d'amour platonique de Bayâd et Riyâd dont il reste un
seul exemplaire, copié en Espagne musulmane au XIIIe siècle,
sont, eux aussi, ornés de miniatures. Les manuscrits les plus nombreux et les plus remarquables d'un point de vue artistique sont produits en Mésopotamie et en Syrie dans la première moitié du XIIIe siècle. Dégagé peu à peu des influences antérieures, cet art atteint son sommet à Bagdad avec le manuscrit des Maqâmât peint par al-Wâsitî en 1237. Dans des compositions très riches, tant du point de vue de la variété des scènes que des coloris, construites sans perspective, personnages et animaux sont représentés de façon extrêmement vivante. Les rares manuscrits de la même époque qui restent de l'Occident musulman sont très proches stylistiquement. |