3 / 5

L'illustration, omniprésente dans les éditions occidentales, est inexistante dans les manuscrits arabes. Cette absence s'explique par le statut ambigu des Mille et Une Nuits dans la société arabo-islamique. Ce recueil d'histoires extraordinaires venues d'Inde et de Perse, transmises oralement et contées le soir sur les places publiques, est classé à la marge d'une littérature classique qui privilégie le travail sur la langue et le style. Ainsi les rares textes narratifs illustrés de peintures sont ceux d'ouvres littéraires plus élaborées comme les Maqâmât ou Kalîla wa Dimna. Les contes n'en font pas partie. Le premier manuscrit enluminé des Nuits, en persan, ne voit le jour qu'en 1859 pour le souverain Mohammad Shâh Qâjar et est proche de l'iconographie occidentale.