Le Coran


L’histoire de la civilisation islamique commence avec la prédication de Muhammad (Mahomet) à La Mecque vers 612. Selon la tradition, il avait entendu pour la première fois, trois ans auparavant, la voix de l’ange Gabriel lui annoncer la parole de Dieu, alors qu’il méditait dans le désert. Se présentant comme l’envoyé de Dieu, il transmit pendant plusieurs années les révélations qu’il recevait. L’ensemble de sa prédication constitue le Coran ("récitation").

Au VIIe siècle, La Mecque était un centre commercial important, une étape sur la route des caravanes, où se côtoyaient juifs, chrétiens et adeptes d’innombrables sectes polythéistes. Muhammad, qui prêchait la toute-puissance d’un seul Dieu, Allâh, et le Jugement dernier, fut vite regardé par les autorités comme un dangereux perturbateur qui menaçait l’ordre de la cité, d’autant plus que son audience grandissait parmi les Arabes. Persécuté, il dut quitter La Mecque avec les siens (c’est l’hégire, ou émigration) en 622, date retenue plus tard comme début de l’ère musulmane.

Réfugié à Médine avec ses compagnons et adeptes, Muhammad – à la fois chef religieux, politique et militaire – organisa et structura une communauté musulmane en constante augmentation. En dix ans, il créa un véritable État théocratique fondé sur une religion prêchée. Il reconquit La Mecque et soumit les tribus de la péninsule arabe, obtenant leur conversion à l’islam en échange de pactes d’alliance.

Ses successeurs se lancèrent dans la conquête de territoires, au nom de Dieu et de son Prophète.

 

 

Transcrire la parole de Dieu


Après la mort de Muhammad, le premier calife Abû Bakr ordonna la collecte et la mise par écrit des prédications du Prophète, qui avaient été mémorisées ou partiellement notées sur des supports de fortune (os, pierre, fragments de papyrus…). Le Coran reconnaît l’antériorité du judaïsme et du christianisme, mais en conteste les Écritures. Il fallait donner une Écriture à ce qui était, selon les musulmans, l’ultime Révélation de la parole de Dieu, pour en proclamer l’universalité. La transcription en arabe prit plusieurs décennies. Les linguistes allaient rechercher auprès des Bédouins du désert arabique la pureté de la langue originelle sur laquelle ils appuyaient leurs travaux. Cette mise par écrit d’une parole entraîna le développement des sciences du langage, l’élaboration de la grammaire, la mise au point du vocabulaire.

La tradition veut que la "vulgate" ait été établie sous le troisième calife ‘Uthmân, mais ce n’est qu’au Xe siècle qu’est arrêté un texte unique portant la bonne vocalisation et les modalités de récitation.

On entreprit également la collecte des traditions orales rapportant les actes et les propos du Prophète et de ses compagnons (hadîth). Chaque hadîth transcrit devait comporter la liste des transmetteurs, remontant jusqu’aux premiers témoins. La vérification de ces traditions, dont beaucoup étaient apocryphes, donna naissance à une science religieuse selon laquelle étaient sélectionnées les traditions dignes de foi.

C’est à partir du Coran, texte sacré intangible, puis des hadîth que la législation islamique fut élaborée.
Pour tout musulman, l’accès au savoir passe par l’étude du Coran, source unique de la connaissance.