Une création originale, la maqâma





La maqâma, genre littéraire né de l’adab, apparaît au début du Xe siècle. Œuvre rédigée en prose entrecoupée de poèmes, elle met en scène la rencontre de deux personnages imaginaires : un narrateur, représentant en général l’auteur, et un héros pittoresque qui revêt des aspects différents à chaque rencontre – sage ou brigand, ascète ou bon vivant – et auquel il arrive toutes sortes d’aventures. Chaque rencontre constitue une maqâma ("séance"). Qu’il soit vagabond ou pauvre Bédouin, le héros se tire toujours des situations les plus scabreuses par la virtuosité de ses réparties et l’étendue de sa culture. Son discours, toujours édifiant, est agrémenté de jeux de mots et de considérations humoristiques sur les mœurs du temps.

Ce genre littéraire correspond au goût de l’élite de l’époque, qui aime se réunir pour se livrer à des joutes oratoires et faire assaut d’érudition.
Près de quatre-vingts auteurs pratiquèrent cette littérature. Ahmad al-Hamadâni (968-1008), qui fréquenta toute sa vie les cours de l’empire, écrivit environ quatre cents "séances".

 

 

Le maître des Maqâmât

Al-Harîrî (1054-1122), le plus célébre, donne la priorité à la langue et cisèle le récit et la peinture des mœurs. Son œuvre devint un classique fort prisé d'un public lettré. Philologue, al-Harîrî utilisait une langue très élaborée ; il fit preuve dans ses Maqâmât d’une virtuosité verbale qui fut souvent imitée et traduite dans de nombreuses langues. 
  

Gros plan sur les Maqâmât d’al-Harîrî