Manuscrits coptes



 


Illustrant dès leurs débuts (fin du IIIe siècle) la technique du codex – les rouleaux sont très rares – les manuscrits coptes figurent, grâce au conservatoire exceptionnel qu’est l’Égypte, parmi les plus anciens témoins de reliures. Entre le VIe et le Xe siècle, le livre copte reste par bien des côtés comparable au livre grec, ne serait-ce qu’à cause de l’écriture basée sur l’alphabet grec et des traductions de la littérature chrétienne dont il est le support. Mais les conséquences de la conquête musulmane de 641 viennent infléchir son évolution de manière substantielle.
La langue copte disparaît progressivement au profit de l’arabe, ce qui provoque l’irruption d’une écriture fondamentalement différente : certains manuscrits d’apparat sont copiés en copte, mais largement pourvus d’annotations ou de titres arabes ; dans d’autres manuscrits, surtout à partir du XIe siècle, on fait se côtoyer les deux langues, le copte occupant les deux tiers de la largeur de la page à gauche tandis que l’arabe, plus concis et se lisant de droite à gauche, est copié sur le tiers restant (le sens de lecture de l’ensemble du livre reste celui du copte) ; certains enfin ne sont écrits qu’en arabe, avec de temps en temps quelques mots ou paragraphes en copte quand il s’agit de liturgie.
Le livre copte n’est plus désormais seulement un ouvrage écrit en copte, mais un manuscrit chrétien d’Égypte qui s’intègre parfaitement dans l’histoire du livre arabe d’Égypte.