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L’histoire
du livre syriaque, et notamment du manuscrit, se confond pratiquement
avec celle du christianisme en Orient. En effet, la langue, l’écriture
et la culture syriaques sont celles des chrétiens du Proche-Orient,
de langue araméenne. C’est à Édesse (actuelle Urfa,
dans le Sud-Est de la Turquie), capitale d’un royaume où l’on parlait
et écrivait la langue araméenne, que naît la culture
syriaque et, grâce au rôle de cette cité dans la diffusion
du christianisme en Orient, cette culture s’est largement répandue
en Asie.
Les chrétiens d’Orient se sont très tôt souciés
d’avoir une version de la Bible dans leur langue et, dès le IVe,
ils ont disposé d’une traduction qui est restée la version
courante de la Bible en syriaque. Le syriaque a été la langue
culturelle et liturgique des chrétiens de l’Église d’Orient,
souvent dite nestorienne, de l’Église syro-orthodoxe ou jacobite,
de l’Église maronite ainsi que de l’Église melkite, dans
une moindre mesure. L’écriture utilisée reflète cette
variété.
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Le plus ancien manuscrit syriaque daté
qui ait été conservé remonte à 411. C’est
un recueil de textes patristiques. Le contenu des manuscrits syriaques
est essentiellement de la littérature chrétienne. On y trouve
surtout des livres à usage liturgique (bibles, lectionnaires, rituels,
canons de la messe, commentaires bibliques, livres patristiques, ouvrages
de théologie, de philosophie, de spiritualité, d’hagiographie)
mais aussi ouvrages de grammaire et de lexicographie, chroniques, etc.
Dès l’origine, les manuscrits
syriaques ont la forme de codex. Ils sont écrits sur parchemin,
puis progressivement sur papier à partir du XIIe
siècle. Si les manuscrits syriaques
n’ont pas la richesse d’ornementation des manuscrits arabes, les scribes
les ont quand même volontiers décorés. Le plus souvent,
le titre de l’œuvre ou des œuvres est écrit à l’encre rouge,
surmonté et encadré d’un portique ornemental généralement
formé de rubans de différentes couleurs qui s’entrelacent.
Quelques manuscrits sont ornés de miniatures figuratives, prophète
ou évangéliste en train d’écrire son œuvre, scène
liturgique, etc. Mais l’image la plus fréquente est une croix ornementale
en pleine page, dressée sur un socle à degrés.
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