Pierre l'Ébouriffé, joyeuses histoires et images drolatiques pour les enfants de 3 à 6 ans
Heinrich Hoffmann, Louis Ratisbonne
Traduit de l'allemand du docteur Hoffmann sur la 360e édition par Trim
Paris, Hachette, 1866
BnF, Littérature et Art, YE-4655
Noël 1844. Sous le sapin, un petit garçon de trois ans prénommé Carl Philipp découvre un petit cahier illustré de seize pages, que son père, le psychiatre et aliéniste pour enfants Heinrich Hoffmann (1809-1894), a conçu à son intention. Le plus célèbre des albums allemands du XIX e siècle - avec Max und Moritz de Wilhelm Busch (1832-1908) -, publié à Francfort en 1845, comprend dans son édition originale cinq historiettes, qui seront portées au nombre de neuf dès la cinquième édition, en 1847, devant le très grand succès rencontré par l'album tant en Allemagne qu'à l'étranger.
L'auteur dresse une galerie de portraits de neuf enfants terribles, garçons et filles, qui font plein de bêtises et qui en subissent toutes les conséquences : le méchant Frédéric ; Pauline et les allumettes ; Petit-Louis, Gaspard, Guillaume, Lustucru et le petit enfant noir ; le chasseur et le lapin ; Conrad et son pouce ; Gaspard et sa soupe ; Philippe qui-se-balance ; Jean le-nez-en-l'air ; Robert qui s'envole. L'historiette "Der Struwwelpeter", traduite en français par "Pierrot l'Ébouriffé", "Pierre l'Embroussaillé", "Crasse-Tignasse" ou encore "Pierrot-la-Tignasse", se trouve placée au début du recueil dès la troisième édition, et lui donne ainsi son nom.
Ces historiettes s'adressent aux tout-petits : les images sont rythmées par un texte en vers que l'enfant peut mémoriser facilement, voire chanter comme s'il s'agissait de ritournelles. L'effet comique des situations est renforcé par un aspect volontairement caricatural, un humour un peu noir certes, mais toujours à la portée de tout jeunes enfants.
La première adaptation française est publiée à Paris chez Desesserts vers 1850, sous le titre Les Histoires du père Lustucru, par Michel Möring. La fortune éditoriale de ce titre en France est due à Louis Ratisbonne, dit Trim, qui traduisit et édita à compte d'auteur Pierre l'Ébouriffé en 1860, traduction reprise ensuite par Hachette dans sa série des "Albums Trim". (C. G.-B.)