Alphabet de Mademoiselle Lili
Par L. Frœlich et par un papa [P.-J. Hetzel]
Paris, J. Hetzel, 1867
BnF, Littérature et Art, X-4889
Sur le médaillon de la page de titre, un tout petit enfant est assis sur les genoux de sa mère qui lui montre un abécédaire. Mais c'est un "papa" qui va apprendre à la petite Lili les rudiments de l'alphabet. L'éditeur et auteur Pierre-Jules Hetzel revendique en effet le droit pour un père de s'occuper, au même titre que la mère, de l'éducation d'un tout-petit. Les premières pages sont consacrées aux majuscules et aux minuscules, aux voyelles, aux consonnes et aux syllabes. S'ensuivent les vingt-six lettres de l'alphabet, chacune commençant par un ou deux prénoms et plusieurs mots acrophones (du monde animal, végétal, etc.) plus ou moins connus de l'enfant, qu'il pourra identifier dans l'illustration, accompagnés d'un très court texte en forme de morale. L'alphabet s'achève avec les jours de la semaine et les mois de l'année. Mademoiselle Lili sait maintenant lire et "son papa a été si content qu'il lui a donné le Magasin d'éducation et de récréation de MM. Jean Macé et Stahl, où elle apprendra tout sans jamais s'ennuyer". L'alphabet peut sembler n'être qu'un prétexte à l'image, tant les dessins de Lorenz Frœlich, qui réinventent d'une certaine façon les enluminures "à la marge" des manuscrits médiévaux, se déploient sur la page, ne laissant aux mots qu'un petit espace dans la partie haute de la composition. Prenant pour modèle sa propre fille Edma, c'est avec un regard paternel empreint de tendresse et de délicatesse que l'artiste croque le monde enfantin. (C. G.-B.)