Kô et Kô les deux Esquimaux
Texte de Pierre Guéguen, illustré par Maria Helena Vieira da Silva
Paris, J. Bucher, 1933
BnF, Réserve des livres rares, Rés. g. Y2. 554
ADAGP
Arrivée à Paris en 1928 à l'âge de vingt ans, Maria Helena Vieira da Silva, jeune peintre portugaise, participe au salon des Surindépendants en 1931 et fait la connaissance l'année suivante de la galeriste Jeanne Bucher, qu'elle considère comme "une fée". Désirant faire un livre pour enfants, elle invente l'histoire de Kô et Kô les deux Esquimaux, qui partent vers le sud à la recherche du soleil. Ils rencontrent en chemin des pingouins, l'ours Bourru, les fillettes Sapinettes, un phoque-oiseau (phoque d'un côté, oiseau de l'autre), le Bonhomme- Désolé monté sur le Cheval-six-pattes et sa fille délivrée par le Grand-Cerf cerf-volant. Ils arrivent finalement à la ville de Port-Méridional et terminent leur aventure au ciel, emportés par deux ascenseurs dorés. Comme elle s'estime incapable de mettre par écrit son conte, Vieira da Silva demande à son ami Pierre Guéguen, collaborateur aux Cahiers d'art, d'en rédiger le texte, qu'elle illustre de gouaches. Le livre proposé à "un grand éditeur de livres pour enfants", est refusé car jugé "trop apocalyptique" (L'Éclat de la lumière, entretiens d'Anne Philipe avec l'artiste, 1978). Jeanne Bucher accepte de le publier et organise pour le Noël 1933 une exposition des travaux préparatoires au livre (croquis, gouaches, pochoirs), présentés autour d'un sapin. Tiré à trois cents exemplaires, Kô et Kô est illustré de douze gouaches reproduites au pochoir, complétées de deux planches de figures à découper et plier "pour les faire figurer à chaque page, comme le texte l'indique, une fois le livre mis debout comme un décor". Imaginé et conçu pour les enfants, servi par la simplicité du dessin et les larges aplats de couleurs, Kô et Kô est le premier livre d'un peintre qui compte parmi les plus grands du XXe siècle. (C. P.)