On trouve des éléments des Lumières
chez des figures de souverains ou de conseillers du prince, qui les
apparentent au "despotisme éclairé" européen.
À la suite d'une expédition guerrière, l'Empereur
Asoka (règne de 261 à 227 av. J.-C.) conscient de ses
actes de cruauté se convertit au bouddhisme et remet en question
la légitimité de la conquête. Désormais,
il souhaite faire progresser la "Loi", c'est-à-dire
la doctrine du Bouddha qui s'efforce de supprimer la violence
parmi les hommes et celle infligée aux animaux. Pas d'emprisonnement
arbitraire, ni de torture sous l'empire de mauvais penchants,
obstacles à l'impartialité. Ses représentants
doivent traiter avec égard les sujets, y compris les pauvres,
les faibles, les domestiques, les esclaves qui ne doivent pas être
exposés à l'injustice. La bienveillance du souverain
se manifeste aussi par la tolérance aux différentes sectes
religieuses à l'intérieur ou à l'extérieur
du bouddhisme.
Kautilya, auteur d'un traité sur la science
du gouvernement, que la légende dit conseiller du grand-père
d'Asoka, montre comment la "politique" est liée
à l'économie. Il instruit le roi sur les moyens
de conquérir et tous les savoirs qu'il acquiert ont pour
fin la pleine maîtrise de soi. Les sujets doivent être confiants,
se sentir protégés des malfaiteurs mais aussi de l'arbitraire
de l'administration royale. Le respect de la personne est mis
en avant. Enfin, le roi ne doit pas s'embarrasser d'astrologues
car ce n'est pas dans les étoiles que les événements
se décident. Cette autonomie de la raison caractérise
le roi et contraste avec les croyances partagées par l'ensemble
des sujets.