Afrique noire

avec Élikia M'Bokolo

 
Loin de l'Europe, l'Afrique a connu, à partir des dynamiques propres de son histoire, des questionnements, des idées et des revendications, qu'on retrouvera plus tard dans les Lumières européennes. Telle fut, dans l'Empire du Mali, la "Charte du Mandé" (XIIIe siècle), probablement la première expression, dans cette région, des "droits de l'homme".
Esclave coupant de la canne à sucre aux Antilles
Répression contre les  esclaves maraudeursRépression contre les  esclaves maraudeursCondorcet : Réflexions sur l'esclavage des nègres
 
Des positions similaires ont été clairement formulées lors des confrontations entre l'Afrique et les autres, en particulier les musulmans et les Européens, tous avides d'exploiter ses richesses, y compris les hommes, en recourant à l'esclavage. Face à ce déni de droit, de fortes voix se sont élevées, du XVIe au XIXe siècle, dont celles des philosophes Ahmed Baba de Tombouctou et d'"Amo Africain de Guinée", et de religieux, comme la prophétesse kongo Kimpa Vita, ou des prédicateurs musulmans du mouvement toubenan au Sénégal pour qui "les peuples ne sont pas faits pour les rois, mais les rois pour les peuples".

Ces élans se retrouvent dans toutes les aires africaines et aux époques les plus diverses pour s'incarner, au XXe siècle, dans l'action de Simon Kimbangu, Kwame Nkrumah, Barthélémy Boganda ou Julius Nyerere.
 
> entretien avec Élikia M'Bokolo,
directeur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)