Benjamin Franklin (1706-1790)

 
"Le culte le plus agréable à Dieu est de faire du bien aux hommes."
Homme politique et savant américain, auteur de nombreux pamphlets et de Mémoires. Ami des philosophes anglais et français, auteur d'expériences sur l'électricité, Franklin constitue le trait d'union vivant entre révolution américaine et révolution française.
Portrait de Benjamin Franklin
Expérience du paratonnerreFragonard : Au génie de Franklin
 

"La personnification des Lumières américaines"

Quinzième fils d'une famille de dix-sept enfants dont le père est un modeste artisan, fabricant de chandelles et de savons, Franklin, pour des raisons propres au dynamisme de la société coloniale américaine, réussit à devenir imprimeur, puis directeur de journaux et d'almanachs, investisseur, banquier, ministre des Postes, représentant de la colonie de Pennsylvanie auprès du gouvernement anglais, élu du parlement de Pennsylvanie, délégué du Congrès continental auprès de la cour de Versailles où il négocie l'achat d'armes, l'octroi de subventions et la signature d'un traité d'alliance avec la France de Louis XVI. Suffisamment riche pour prendre sa retraite à quarante-deux ans, le simple commoner, l'ancien apprenti imprimeur, est enfin devenu un gentleman disposant de loisirs suffisants pour parfaire sa culture d'autodidacte et se livrer à des expériences scientifiques sur l'électricité qui allaient faire de lui un savant parmi les plus grands.

C'est pourquoi Franklin incarne si bien les Lumières américaines. D'abord parce qu'il démontre qu'un apprenti peut s'élever par le simple usage de sa raison, en se livrant à la lecture des plus grandes œuvres de l'époque. Ensuite parce qu'il contribue, par ses activités d'imprimeur et de journaliste, à diffuser les Lumières européennes aux États-Unis. Enfin parce qu'il obtient la reconnaissance nécessaire à la diffusion de ses propres idées en accédant à des loges maçonniques et à des sociétés de pensée. Il est ainsi membre de la plus ancienne des loges maçonniques américaines, la loge Saint-John, avant d'en devenir maître, puis grand-maître de toutes les loges de la Pennsylvanie. En France, il est accueilli en 1777 dans la loge des Neuf Sœurs, l'une des plus renommées, dont il deviendra grand-maître. Admis à la Royal Society de Londres en 1756 à cause de la qualité de ses travaux scientifiques, Franklin est reçu en 1778 à l'Académie des sciences, où il est invité à participer à une séance mémorable le réunissant à Voltaire, qu'il embrasse publiquement, donnant ainsi l'impression, selon un témoin de l'époque, "d'un Solon embrassant un Sophocle" !
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