Antoine-François Prévost
Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut
Amsterdam [Paris], aux dépens de la Compagnie [François Didot], 1753 – 2 vol. in-12
BNF, Réserve des livres rares, Rés. Y2. 3278-3279, t. II, p. 241
© Blbliothèque nationale de France
Dès sa parution en 1731, comme tome VII des Mémoires et aventures d’un homme de qualité, le roman de l’abbé Prévost (1697-1763) fut jugé immoral et frappé par la censure. Les deux héros, malgré leurs actes fort contestables, apparaissent comme les victimes d’une société corrompue, et ont pour eux l’excuse de l’âge et de leur amour qui à la fin sanctifie Manon. Prévost présente son œuvre comme un traité de morale s’appuyant sur "un exemple terrible de la force des passions". L’auteur parle en connaissance de cause et sa jeunesse tumultueuse n’est pas sans rappeler celle du chevalier Des Grieux. Comme lui, Prévost est un moine fugitif, contraint à l’exil. Réfugié en Hollande, puis en Angleterre, il devient le précepteur du fils de Sir John Eyles, lord-maire de la ville de Londres. Mais une affaire de cœur avec la fille de ce dernier l’oblige à regagner la Hollande, où il s’enflamme pour une certaine Lenki, qui le ruine. Aux abois, il retourne à Londres et finit en prison pour avoir fabriqué un faux billet à ordre au nom de son ancien élève. L’âge et les épreuves lui feront retrouver raison. Après un accueil mitigé au XVIIIe siècle, Manon connut son heure de gloire à l’époque romantique pour devenir un véritable mythe. C’est le texte de cette première édition illustrée par Pasquier et Gravelot, revu et augmenté par l’auteur, qui est passé à la postérité.
 
 

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