Denis Diderot (1713-1784)
Le Rêve de d'Alembert
Manuscrit autographe, mise au net.
BNF, Manuscrits, N.a.f. 13727 f. 3v-4
© Blbliothèque nationale de France
Je crois vous avoir dit que j'avais fait un dialogue entre d'Alembert et moi. En le relisant, il m'a pris en fantaisie d'en faire un second, et il a été fait. Les interlocuteurs sont d'Alembert qui rêve, Bordeu et l'amie de d'Alembert, mademoiselle de Lespinasse. Il est intitulé Le Rêve de d'Alembert. Il n'est pas possible d'être plus profond et plus fou. J'y ai ajouté après coup cinq ou six pages capables de faire dresser les cheveux à mon amoureuse, aussi ne les verra-t-elle jamais ; mais ce qui va bien vous surprendre, c'est qu'il n'y a pas un seul mot de religion, et pas un seul mot déshonnête ; après cela, je vous défie de deviner ce que ce peut être. Ainsi Diderot annonce-t-il, dans une lettre à Sophie Volland, en 1769, la rédaction de l'un des textes philosophiques les plus étonnants du XVIIIe siècle. Trois dialogues soulèvent la question de la possibilité même d'une philosophie matérialiste. La sensibilité de la matière est-elle pensable ? Suffit-elle pour expliquer la vie, la pensée et l'unité du sujet ? De la médecine à la morale, l'excursion métaphysique déploie la finesse de son argumentation dans une diversité d’images surprenantes : clavecin sensible, essaim d'abeilles, araignée ou chèvre-pieds...
 
 

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