Voltaire et Frédéric II
Gravure, XIX e siècle.
BNF, Estampes, EF-130A
© Blbliothèque nationale de France
Les relations entre Voltaire et Frédéric II furent longues et tourmentées, empruntes à la fois d'admiration et de méfiance réciproques. L'empereur se voyait davantage éclairé par le philosophe que lui-même éclairant son peuple. Dès 1736, Voltaire correspond avec celui qui n'est encore que le prince royal de Prusse, grand admirateur de la culture française. Fort de ses relations épistolaires amicales, Voltaire est chargé par le ministère français de missions officieuses auprès de l'empereur pendant la guerre de Succession d'Autriche, en 1742 et 1743. Ce n'est qu'en 1750, désemparé après la mort de Mme Du Châtelet et par un public parisien qui, las de ses succès, siffle ses pièces, que Voltaire accepte l'offre de Frédéric II de se fixer à Berlin. Un cénacle de penseurs, parmi lesquels La Mettrie ou Maupertuis, est rassemblé à Postdam. Au souper de l'empereur, on dresse le plan d'un dictionnaire philosophique. Mais le projet n'aboutira pas, Frédéric II méprisant trop la canaille pour l'éclairer. Voltaire s'aperçoit qu'il est l'amuseur et non le conseiller de Sa Majesté dont le propos "on presse l'orange et on jette l'écorce" lui est rapporté. Tout se gâte à la fin de 1752 et bientôt Voltaire fuit Berlin. Mais l'empereur se venge en le laissant emprisonner à Francfort. Après ces péripéties, Voltaire décide de s'installer en Suisse où il reprendra sa correspondance avec Frédéric II lors de la guerre de Sept Ans, servant une nouvelle fois d'intermédiaire avec le ministère français pour le rétablissant de la paix entre la France et la Prusse.
 
 

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