L’espace public

 
Le XVIIIe siècle privilégie les échanges. L’imprimé, et notamment la presse, se développe et bénéficie de l’essor des bibliothèques et des cabinets de lecture. Les salons parisiens, sujet de choix pour la littérature de l’époque, rayonnent intellectuellement dans toute l’Europe tandis que Londres et Paris s’imposent.

Découverte

Il caffè, ossia brevi e varii discorsi distributi in flogli periodici, 1764-1766, Milan, 1804 ; Lecture au jardin des Tuileries, fin du XVIIIe siècle ; Journal de Paris, janvier-juin 1783 ;

Ces documents illustrent une approche particulière de la presse au XVIIIsiècle : pour chacun d’eux, à l’aide des notices, définissez la nature des informations, le public concerné, le mode de diffusion. Retrouvez-vous des descendants de ces supports à l’époque contemporaine ?
 
 

Exploration

- En vous aidant de l’exposition virtuelle consacrée aux Lumières et de la rubrique Arrêt sur…, repérez les lieux d’échanges et de débats au XVIIIsiècle.
- La notion de discussion relève aussi de la question d’espace : cherchez dans des dictionnaires variés (étymologique, historique, culturel…) la définition des termes cour, salon, académie, cercle, café.
Quelles sont les modifications prévisibles sur la nature des échanges et des participants ?
- À la lecture de l’extrait du Neveu de Rameau de Diderot et de la définition des cafés parisiens dans le Dictionnaire du commerce, quelle idée vous faites-vous du café au XVIIIsiècle ? Est-elle très différente de la situation actuelle ?

Réflexion

- Le café parisien Le Procope, créé en 1686, était surnommé "Chambre des communes" à la fin du XVIIIsiècle : « on l’appelle ainsi par dérision, parce que c’est le lieu où l’on fronde le plus les opérations de la Cour ; ainsi on parodie le sanctuaire de la liberté anglaise » explique Louis-Sébastien Mercier dans son Tableau de Paris.
Cette tradition de réflexion littéraire et politique s’approchant à l’occasion d’une forme de "contre-pouvoir" a-t-elle perduré au fil des siècles ? Qu’en est-il des cafés philosophiques qui se multiplient au XXIsiècle ?
- De Jaucourt, dans l’article "Presse" de l’Encyclopédie, défend avec ferveur cet espace de liberté : joue-t-elle toujours ce rôle à l’époque contemporaine ? Pour vous aider, vous pouvez faire l’inventaire des différents périodiques d’information disponibles en vous interrogeant sur leurs tirages, leur indépendance financière, la concurrence de la presse à diffusion gratuite, l’influence des titres disponibles en ligne.
- Quels sont les lieux de discussion à l’époque contemporaine ? L’esprit de salon a-t-il traversé les siècles, sous quelle(s) forme(s) ?
 

Invention

- Les salons contribuèrent à développer un art de la conversation répondant à de nombreux codes, souvent implicites, dont la méconnaissance était rédhibitoire pour l’étourdi : Crébillon en dresse un tableau dans Les égarements du cœur et de l’esprit, la narratrice s’en exaspère dans les Lettres de Milord River à Sir Charles Cardigan de Madame Riccoboni et Louis-Sébastien Mercier le déplore dans Tableau de Paris.
À vous de faire la synthèse de cet "esprit de salon" pour rédiger, par exemple, un article de l’Encyclopédie, une lettre à un ami résidant hors de France à la manière des Lettres persanes de Montesquieu, ou bien une fiche de survie à l’usage du néophyte structurée en dix points clés.
- Choisissez, en vous inspirant d’Internet, un thème qui est ou qui pourrait devenir un sujet dans un forum de discussion. Entraînez-vous ensuite à le transcrire à la manière du XVIIIsiècle en imaginant un décor, des personnages et en n’oubliant pas d’en adapter le style.