Louis-Sébastien Mercier, Tableau de Paris, tome 1, 1781

  
Le persiflage est une raillerie continue, sous le voile trompeur de l’approbation. On s’en sert pour conduire la victime dans toutes les embuscades qu’on lui dresse ; et l’on amuse ainsi une société entière, aux dépens de la personne qui ignore qu’on la traduit en ridicule, abusée qu’elle est par les dehors ordinaire de la politesse.
Ce n’est point là de la bonne plaisanterie. La Bruyère a dit : Railler heureusement, c’est créer. Mais quel esprit y a-t-il à abuser de la simplicité ou de la confiance d’un homme qui s’offre aux coups sans le savoir, et qui tombe d’autant plus profondément dans le piège, qu’il le soupçonne moins ?