Le territoire : France et Algérie
L'écrivain Paul Nibelle tenait dans La Lumière une chronique sur les grands monuments de l'architecture qui était une invite à les photographier : "Il est des tâches qu'on ne saurait entreprendre, et la description de la cathédrale de Rouen [...] est de ce nombre. Je n'ai voulu qu'en esquisser l'histoire à grands traits ; c'est à la photographie à nous en donner les détails." Ce souhait s'inscrit dans la lignée de l'inventaire photographique de la France inauguré par la Mission héliographique en 1851, continué en 1853 par Baldus avec les Villes de France photographiées, puis par les frères Bisson avec les Reproductions photographiques des plus beaux types d'architecture et de sculpture... entre 1854 et 1863.
Cet esprit d'inventaire s'élargit aux territoires colonisés dont l'album de Moulin, L'Algérie photographiée, donne la vision autorisée : y alternent les officiels, le pittoresque, les monuments et les marques de la présence française que sont les constructions nouvelles, l'instruction publique, les fouilles archéologiques.