Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l’Enfer
« J'entendis qu'on me disait : "Prends garde où tu marches." »
Chant XXXII, verset 19
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Planche hors texte imprimée dans L'Enfer de Dante Alighieri, avec les dessins de Gustave Doré. Traduction française de Pier-Angelo Fiorentino, accompagnée du texte italien.
Louis Hachette (Paris), 1861, p. 166.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6277
© Bibliothèque nationale de France
« Aussitôt que nous parvînmes au fond du puits obscur sous les pieds du géant, et que nous fumes descendus beaucoup plus bas, tandis que je contemplais encore les parois élevées, j'entendis qu'on me disait : "Prend garde où tu marches ; n'écrase pas, avec la plante de tes pieds, les têtes de tes pauvres misérables frères !"
A ces mots je me tournai, et je vis devant moi et sous mes pieds un grand lac, qui, étant gelé, ressemblait plutôt à du verre qu'à de l'eau. Jamais un voile plus épais ne couvrit en hiver le cours du Danube en Autriche, ou du Tanaïs sous le ciel glacé, que ne l'était celui qu'on voyait dans ce lieu, et sur lequel les monts Tabernick et Pietrapana seraient tombés sans le faire craquer à sa surface. Et comme la grenouille se met à coasser le museau hors de l'étang, à l'heure où la villageoise rêve souvent de glaner, ainsi ces ombres désolées, livides, jusque-là où se peint la honte, étaient enfoncées dans la glace, et leurs dents claquaient comme des becs de cigognes. Leur face était tournée en bas ; leur bouche, du froid, et leurs yeux témoignaient de la tristesse de leur âme. »
Chant XXXII, versets 16-39
 
 

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