La flotte miraculeuse du duc Astolphe
Chant XXXIX, ouverture
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de Paul Jonnard.
Illustration imprimée dans Roland furieux, poème héroïque de L'Arioste, traduit par A.-J. du Pays et illustré de 618 dessins par Gustave Doré.
Hachette et Cie (Paris), 1879, p. 495.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6551
© Bibliothèque nationale de France
« Astolphe, ayant une armée innombrable, à laquelle sept Afriques ne sauraient résister, et se rappelant les avertissements du saint vieillard, qui lui avait confié l'entreprise d'arracher la Provence et le rivage d'Aiguesmortes aux mains des Sarrasins qui s'en étaient emparés, choisit de nouveau une troupe nombreuse, qui lui parut le plus en état de supporter la mer.
Il remplit ses deux mains, autant qu'elles en pouvaient tenir, de différentes feuilles arrachées à des lauriers, des cèdres, des oliviers, des palmiers, il s'avança dans la mer et les jeta dans les flots. Ô âmes bienheureuses et bien chéries du ciel ! ô faveur que Dieu accorde rarement aux mortels ! ô miracle prodigieux produit pas ces feuilles aussitôt qu'elles furent dans l'eau !
Elles s'accrurent en volume hors de toute croyance, devinrent courbes, grosses, longues et pesantes. Les nervures qui les traversaient d'abord se changèrent en épais madriers, en dures traverses, et conservant leur acuité vers l'extrémité, elles devinrent des navires de différentes qualités, et en aussi grand nombre qu'il y en avait eu de cueillies à divers arbres. »
Chant XXXIX, stances 25-27
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu