« Ma tant bonne femme est morte, qui était la plus ceci, la plus cela qui fût au monde... Et soudain pleurait comme une vache. »
Livre second [Pantagruel], chapitre III
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de Noël-Eugène Sotain.
Fumé d'une gravure sur bois, 16,3 x 11,5 cm.
Épreuve d'essai d'une planche hors texte destinée à illustrer les Œuvres de François Rabelais illustrées par Gustave Doré.
J. Bry aîné (Paris), 1854, p. 101.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 2)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Plorerai-je ? disoit-il, oui : car, pourquoi ? Ma tant bonne femme est morte, qui estoit la plus ceci, la plus cela, qui fust au monde. Jamais je ne la voirrai, jamais je n'en recouvrerai une telle : ce m'est une perte inestimable ! O mon Dieu, que t'avois-je faict pour ainsi me punir ? Que n'envoyas-tu la mort à moi premier qu'à elle ? car vivre sans elle ne m'est que languir. Ha Badebec, ma mignonne, m'amie, mon petit c.. (toutesfois elle en avoit bien trois arpents et deux sexterées), ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te voirrai. Ha, pauvre Pantagruel, tu as perdu ta bonne mère, ta doulce nourrice, ta dame très aimée. Ha, faulse mort, tant tu m'es malivole, tant tu m'es oultrageuse de me tollir celle à laquelle immortalité appartenoit de droict.
Et ce disant, ploroit comme une vache ; mais tout soubdain rioit comme un veau, quand Pantagruel lui venoit en mémoire. »
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