« L'ange malin et séducteur au commencement réjouit l'homme. »
Livre troisième [Le tiers livre, suite du Pantagruel], chapitre XIV
Dessin de Gustave Doré.
Fumé d'une gravure sur bois, 14,3 x 10,7 cm.
Épreuve d'essai d'une planche hors texte destinée à illustrer les Œuvres de François Rabelais illustrées par Gustave Doré.
J. Bry aîné (Paris), 1854, p. 161.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 2)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Comme si le père de famille estant à table opulente, en bon appétit au commencement de son repas, on voyait en sursault espouventé soi lever. Qui n'en scauroit la cause, s'en pourroit esbahir. Mais quoi ? Il avoit ouï ses serviteurs crier au feu : ses servantes crier au larron : ses enfants crier au meurtre. Là falloit, le repas laissé, accourrir pour y remédier et donner ordre. Vraiement je me recorde que les cabalistes et massorets interprètes des sacrées lettres, exposants en quoi l'on pourroit par discrétion cognoistre la vérité des apparitions angéliques (car souvent l'ange de Satan se transfigure en ange de lumière), disent la différence de ces deux estre en ce que l'ange bening et consolateur, apparoissant à l'homme, l'espouvente au commencement, le console en la fin, le rend content et satisfaict ; l'ange maling et séducteur au commencement resjouit l'homme, en fin le laisse perturbé, fasché et perplex. »
 
 

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