« Ce pendant quatre de ses gens luy jetoient en la bouche… »
Livre I, chapitre XXI
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de Paul Jonnard.
Fumé d'une gravure sur bois, 24,9 x 20 cm.
Épreuve d'essai d'une planche hors texte destinée à illustrer les Œuvres de François Rabelais illustrées par Gustave Doré.
Garnier (Paris), 1873, tome 1, p. 64-65.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 3) -FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Puis estudioit quelque meschante demie heure, les yeulx assis dessus son livre : mais, comme dit le Comique, son ame estoit en la cuisine.
Pissant donc plein urinal, s'asséoit à table. Et parce qu'il estoit naturellement phlegmatique, commençoit son repas par quelques douzaines de jambons, de langues de bœuf fumées, de boutargues, d'andouilles, & telz aultres avant coureurs de vin. Ce pendant quatre de ses gens luy jetoient en la bouche, l'un après l'aultre continuement, de la moustarde à pleines palerées ; puis beuvoit un horrificque traict de vin blanc, pour lui soulaiger les roignons. Après, mangeoit, selon la saison, viandes à son appetit, & lors cessoit de manger quand le ventre luy tiroit. A boire n'avoit poinct fin ni canon. Car il disoit que les metes & bornes de boire estoient quand, la personne beuvant, le liége de ses pantoufles enfloit en hault d'un demy pied. »
 
 

> partager
 
 

> l'image sur Gallica : page1, page2
 
 
 

 
> copier l'aperçu