Le physetere
Livre IV, chapitre XXXIV
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Fumé d'une gravure sur bois, 24,8 x 20 cm.
Épreuve d'essai d'une planche hors texte destinée à illustrer les Œuvres de François Rabelais illustrées par Gustave Doré.
Garnier (Paris), 1873, tome 2, p. 100-101
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 5)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Alors Pantagruel, considerant l'occasion & necessité, desploye ses bras, & monstre ce qu'il sçavoit faire. […]
Le noble Pantagruel en l'art de jetter & darder estoit sans comparaison plus admirable. Car avec ses horribles piles & dards (lesquelz proprement ressembloient aux grosses poultres sus lesquelles sont les ponts de Nantes, Saulmur, Bregerac, & à Paris les ponts au change & aux meusniers soustenuz, en longueur, grosseur, pesanteur & ferrure) de mille pas loing il ouvroit les huytres en escalle sans toucher les bords ; il esmouchoit une bougie sans l'esteindre, frappoit les pies par l'œil, dessemeloit les bottes sans les endommager, deffourroit les barbutes sans rien gaster ; tournoit les feuillets du breviaire de frere Jean l'un après l'autre sans rien dessirer.
Avec telz dards, desquelz estoit grande munition dedans sa nauf, au premier coup il enferra le Physetere sus le front, de mode qu'il lui transperça les deux machouoires & la langue, si que plus ne ouvrit la gueule, plus ne puisa, plus ne jetta eau. Au second coup il luy creva l'œil droit. Au troisième, l'œil gauche. »
 
 

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