Le manoir de Areté
Livre IV, chapitre LVII
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Fumé d'une gravure sur bois, 24,6 x 19,5 cm.
Épreuve d'essai d'une planche hors texte destinée à illustrer les Œuvres de François Rabelais illustrées par Gustave Doré.
Garnier (Paris), 1873, tome 2, p. 157-158.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 5)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« En iceluy jour, Pantagruel descendit en une isle admirable entre toutes aultres, tant il cause de l'assiette, que du gouverneur d'icelle. Elle de tous coustés pour le commencement estoit scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l'œil, très difficile aux pieds, & peu moins inaccessible que le mons du Daulphiné, ainsi dict pource qu'il est en forme d'un potiron, & de toute memoire personne surmonter ne l'a peu, fors Doyac, conducteur de l'artillerie du roy Charles huitiesme, lequel avec engins mirifiques y monta, & au dessus trouva un vieil belier. C'estoit à diviner qui là transporté l'avoit. Aucuns le dirent, estant jeune aignelet, par quelque aigle ou duc chauant là ravy, s'estre entre les buissons saulvé. Surmontans la difficulté de l'entrée à peine bien grande & non sans suer, trouvasmes le dessus du mons tant plaisant, tant fertile, tant salubre & delicieux, que je pensois estre le vray jardin & paradis terrestre : de la situation duquel tant disputent & labourent les bons théologiens. Mais Pantagruel nous affermait là estre le manoir de Areté (c'est vertu) par Hesiode descript, sans toutesfois prejudice de plus saine opinion. »
 
 

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