Greenwich (pendant la saison)
[Greenwich – in the season]
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de Paul Jonnard.
Planche hors texte publiée dans London, a Pilgrimage, by Gustave Doré, and Blanchard Jerrold, édition originale anglaise, Grant (London), 1872, p. iii.
Adaptation française, Londres, texte de Louis Énault, Louis Hachette (Paris), 1876.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf S-2767
© Bibliothèque nationale de France
« La saison est-elle revenue, c'est partout l'éclat, l'animation, la gaité, le mouvement. Mais un mouvement tel que seul Londres peut vous en donner l'idée et que Paris lui-même ne connaît pas.
Qui a fait ce miracle ? La saison !
La La saison ! Voilà un mot magique ! jamais six lettres n'ont su dire plus de choses. Qui n'a pas vu la saison dans la capitale de l'Angleterre ne s'en fera jamais une juste idée. Pour croire, il faut avoir vu –  et, même alors, on croit à peine !
La saison, c'est la vie à outrance, poussée à son maximum d'intensité ; c'est le summum de la puissance mondaine, poursuivi et atteint par des gens qui n'ont eu que la peine de naitre, pour avoir le plaisir de vivre.
L'aristocratie anglaise, en qui se résument, se symbolisent et se personnifient la force, la richesse et l'élégance de la nation, étend sa puissance, son influence, ou du moins son crédit, sur le monde entier, devenu le tributaire de ses divertissements et de ses joies.
Tout ce que l'on peut avoir pour de l'argent, Londres se l'offre à lui-même pendant les trois mois de son merveilleux printemps, avril, mai et juin. Depuis Madrid jusqu'à Stockholm, depuis Naples jusqu'à Vienne, depuis New-York jusqu'à Pétersbourg, tous les théâtres lui cèdent leurs premiers sujets, basses et contraltos, ténors et sopranos. Nos étoiles de première grandeur quittent même le ciel de l'Opéra, pour rayonner un moment à Covent-Garden, ou à Drury-Lane. » (Énault, p. 379)
 
 

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