Régates. La lutte
[The race]
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de Bourguignon.
Planche hors texte publiée dans London, a Pilgrimage, by Gustave Doré, and Blanchard Jerrold, édition originale anglaise, Grant (London), 1872, p. 58.
Adaptation française, Londres, texte de Louis Énault, Louis Hachette (Paris), 1876.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf S-2767
© Bibliothèque nationale de France
« Sur le fleuve, et sur toutes les routes qui mènent à ses rives, la foule grossit de minute en minute, ardente et passionnée. Ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent se rendre sur le théâtre de la lutte, n'en ont pas moins fait une toilette de fête, ils n'en ont pas moins arboré le traditionnel ruban bleu. Debout au seuil de leurs maisons, ils regardent avec envie ceux qui passent ; ils attendent avec anxiété ceux qui vont revenir. […] Les voilà !
Maintenant la frénésie est à son comble : elle ne connaît plus de bornes ; ce ne sont pas des cris qui jaillissent pour ainsi parler, de cette foule, ce sont des hurlements inarticulés, mais dans lesquels il semble qu'on distingue comme une vibration métallique, tant elle a de violence et d'énergie. Tous les mouchoirs s'agitent ; tous les yeux semblent prêts à jaillir de leurs orbites ; toutes les faces sont injectées de sang. Il ne faudrait point amener ici les malades affectés d'anévrysme : il y aurait rupture. Jamais l'excentricité anglaise, contenue d'ordinaire dans les bornes du decorum et du cant, ne s'abandonne avec plus de fougue à ses inspirations bizarres. Il faut avoir vu de pareilles scènes pour savoir jusqu'où peut aller en de certains moments la déraison d'un peuple grave. » (Énault, p. 214 et 221)
 
 

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