Le Derby (la fin de la course)
[The derby – Finish on the race]
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Adolphe Pannemaker.
Planche hors texte publiée dans London, a Pilgrimage, by Gustave Doré, and Blanchard Jerrold, édition originale anglaise, Grant (London), 1872, p. 76.
Adaptation française, Londres, texte de Louis Énault, Louis Hachette (Paris), 1876.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf S-2767
© Bibliothèque nationale de France
« La grande solennité hippique de l'Angleterre, la seule qui soit vraiment nationale et qui fascine le pays entier, c'est la course de chevaux où se dispute le prix connu sous le nom de Derby. […] On n'a pas d'exemple qu'un anglais ait eu le spleen ou se soit suicidé la semaine du Derby. Il veut connaître le nom du vainqueur avant de partir pour l'autre monde. […]
Si pendant la course, le public ne trahit ses émotions ardentes et profondes que par son silence, sa passion après la victoire éclate avec toute la spontanéité et toute l'énergie du sentiment populaire. On crie, on vocifère, on trépigne, on bat des mains, on se plaint, on se félicite, on calcule sa perte et son gain, car tout le monde a parié. Les bureaux de l'office télégraphique sont assiégés par tous les correspondants des journaux et des grands clubs européens ; les pigeons voyageurs, tenus en réserve pour la circonstance, sont lâchés par leur maître, prennent l'essor, se guindent, et arrivés à une certaine hauteur s'arrêtent, et bientôt, guidés par leur infaillible instinct, se dispersent dans toutes les directions et vont porter à tous les coins du royaume et même sur le continent la nouvelle attendue. Le résultat du Derby sera connu le soir même par tout le monde hippique. » (Énault, p. 193, 198 et 200)
 
 

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