« En cheminant ainsi, notre tout neuf aventurier se parlait à lui-même. »
Tome I, chapitre II
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Planche hors texte publiée dans L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes Saavedra avec les dessins de Gustave Doré.
Traduction de Louis Viardot, Hachette (Paris), 1863. Tome I, p. 14.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6275
© Bibliothèque nationale de France
« En cheminant ainsi, notre tout neuf aventurier se parlait à lui-même et se disait : "Qui peut douter que dans les temps à venir, quand se publiera la véridique histoire de mes exploits, le sage qui les écrira, venant à conter cette première sortie que je fais si matin, ne s'exprime de la sorte : À peine le blond Phébus avait-il étendu sur la spacieuse face de la terre immense les tresses dorées de sa belle chevelure ; À peine les petits oiseaux nuancés de mille couleurs avaient-ils salué des harpes de leurs langues, dans une douce et mielleuse harmonie, la venue de l'aurore au teint de rose, qui, laissant la molle couche de son jaloux mari, se montre aux mortels du haut des balcons de l'horizon castillan, que le fameux chevalier don Quichotte de la Manche, abandonnant le duvet oisif, monta sur son fameux cheval Rossinante, et prit sa route à travers l'antique et célèbre plaine de Montiel." »
 
 

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