« Il ouvrit le petit livre et vit un sonnet qu'il lut à haute voix. »
Tome I, chapitre XXIII
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Planche hors texte publiée dans L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes Saavedra avec les dessins de Gustave Doré.
Traduction de Louis Viardot, Hachette (Paris), 1863. Tome I, p. 166.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6275
© Bibliothèque nationale de France
« Il ouvrit le petit livre, et la première chose qu'il vit écrite, comme en brouillon, quoique d'une belle écriture, fut un sonnet qu'il lut à haute voix pour que Sancho l'entendit. Ce sonnet disait :
"Ou l'amour n'a point assez de discernement, ou il a trop de cruauté, ou bien ma peine n'est point en rapport avec la faute qui me condamne à la plus dure espèce de tourment.
"Mais si l'amour est un dieu, personne n'ignore, et la raison le veut ainsi, qu'un dieu ne peut être cruel. Qui donc ordonne l'amère douleur que j'endure et que j'adore ?
"Si je dis que c'est vous, Philis, je me trompe ; car tant de mal ne peut sortir de tant de bien, et ce n'est pas du ciel que me vient cet enfer.
"Il faut donc mourir, voilà le plus certain ; car au mal dont la cause est inconnue, ce serait miracle de trouver le remède." »
 
 

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