« Je suis Merlin, celui que les histoires disent avoir eu le diable pour père. »
Tome II, chapitre XXXV
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Gravure sur bois, 24,7 x 19,8 cm
Fumé d'une planche hors texte publiée dans L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes Saavedra avec les dessins de Gustave Doré.
Traduction de Louis Viardot, Hachette (Paris), 1863. Tome II, p. 238.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6275
© Bibliothèque nationale de France
« Alors, se levant tout debout le personnage à la longue robe l'écarta des deux côtés, et, soulevant le voile qui lui cachait le visage, il découvrit à tous les regards la figure même de la Mort, hideuse et décharnée. Don Quichotte en pâlit, Sancho trembla de peur, le duc et la duchesse firent un mouvement d'effroi. Cette Mort vivante, s'étant levée sur les pieds, commença, d'une voix endormie et d'une langue peu éveillée, à parler de la sorte :
"Je suis Merlin, celui que les histoires disent avoir eu le diable pour père (mensonge accrédité par le temps), prince de la magie, monarque et archive de la science zoroastrique, émule des âges et des siècles, qui prétendent engloutir les exploits des braves chevaliers errants, à qui j'ai toujours porté et porte encore une grande affection.
Et, bien que l'humeur des enchanteurs, des mages et des magiciens, soit toujours dure, âpre et farouche, la mienne est douce, tendre, amoureuse, aimant à faire bien à toutes sortes de gens.
Dans les obscures cavernes du Destin, où mon âme s'occupait à former des caractères et des figures magiques, est venue jusqu'à moi la voix dolente de la belle et sans pareille Dulcinée du Toboso." »
 
 

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