« Ici, finalement, tomba mon bonheur, pour ne se relever jamais. »
Tome II, chapitre LXVI
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Héliodore Pisan.
Gravure sur bois, 19 x 23,7 cm
Fumé d'une planche hors texte publiée dans L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantes Saavedra avec les dessins de Gustave Doré.
Traduction de Louis Viardot, Hachette (Paris), 1863. Tome II, p. 440.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6275
© Bibliothèque nationale de France
« Au sortir de Barcelone, don Quichotte vint revoir la place où il était tombé, et s'écria :
"Ici fut Troie ! ici ma mauvaise étoile, et non ma lâcheté, m'enleva mes gloires passées ! ici la fortune usa à mon égard de ses tours et de ses retours ! ici s'obscurcirent mes prouesses ! ici, finalement, tomba mon bonheur, pour ne se relever jamais !"
Sancho, qui entendit ces lamentations, lui dit aussitôt :
"C'est aussi bien le propre d'un cœur vaillant, mon bon seigneur, d'avoir de la patience et de la fermeté dans les disgrâces, que de la joie dans les prospérités ; et cela, j'en juge par moi-même : car si, quand j'étais gouverneur, je me sentais gai, maintenant que je suis écuyer à pied, je ne me sens pas triste. En effet, j'ai ouï dire que cette créature qu'on appelle la fortune est une femme capricieuse, fantasque, toujours ivre, et aveugle par-dessus le marché. Aussi ne voit-elle pas ce qu'elle fait, et ne sait-elle ni qui elle abat, ni qui elle élève." »
 
 

> partager
 
 

> texte intégral sur Gallica
> l'image sur Gallica : page1, page2
 
 
 

 
> copier l'aperçu