Frontispice
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Adolphe Pannemaker.
Fumé d'une gravure sur bois, 24,5 x 19,5 cm, pour l'illustration de la préface par P.-J. Stahl des Contes de Charles Perrault avec des dessins par Gustave Doré.
J. Hetzel (Paris), 1862.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 2)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Si ce monument, élevé à la gloire de Perrault & au profit de ses admirateurs de tous les âges, voit le jour, prenez-vous-en au plus jeune, au plus vaillant de nos génies contemporains. Tout en composant intrépidement à ses frais, à ses risques & périls, sa grande & sombre illustration de Dante, Gustave Doré désirait que dans le même moment & que dans le même format splendide parussent, comme pendant & comme contraste, les Contes de Fées de Perrault. D'un côté, le merveilleux dans ce qu'il a de plus funèbre, de plus tragique & de plus ardu ; de l'autre, le merveilleux divertissant, spirituel, émouvant jusque dans le comique & comique jusque dans l'émouvant, le merveilleux à son berceau. Il voulait ainsi, tout à la fois, rasséréner des épouvantes un peu monocordes de l'enfer, & prouver la variété ses moyens.
L'éditeur de ce livre a compris ce désir & n'a pas reculé devant celle énormité apparente, un très-grand livre, très-cher, pour les petits enfants. Il s'est dit que les pères & les mamans ne seraient pas fâchés de revoir & de relire, dans une forme enfin saisissante & digne d'eux, les contes aimés de leur enfance ; il s'est rappelé aussi sans doute qu'il avait eu plus d'une fois l'occasion de donner à des enfants des poupées & des polichinelles, & que ceux-là seulement avaient été reçus avec un enthousiasme bien senti, qui étaient trop grands ! Qui ne le connaît cet amour inné du trop grand & en quelque sorte de l'embarrassant dans les petits ? »
 
 

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