« Le Petit Poucet, s'étant approché de l'ogre, lui tira doucement ses bottes. »
Le Petit Poucet
Dessin de Gustave Doré.
Fumé d'une gravure sur bois, 19,2 x 24,1 cm
Gravure publiée dans les Contes de Charles Perrault avec des dessins par Gustave Doré.
J. Hetzel (Paris), 1862, p. 11.
BnF, département des Estampes et de la Photographie, DC-298 (J, 2)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Le petit Poucet s'étant approché de l'ogre, lui tira doucement ses bottes, et les mit aussitôt. Les bottes étaient fort grandes et fort larges ; mais comme elles étaient fées, elles avaient le don de s'agrandir et de s'apetisser selon la jambe de celui qui les chaussait, de sorte qu'elles se trouvèrent aussi justes à ses pieds et à ses jambes que si elles avaient été faites pour lui. Il alla droit à la maison de l'ogre où il trouva sa femme qui pleurait auprès de ses filles égorgées. "Votre mari, lui dit le petit Poucet, est en grand danger, car il a été pris par une troupe de voleurs qui ont juré de le tuer s'il ne leur donne tout son or & tout son argent. Dans le moment qu'ils lui tenaient le poignard sur la gorge, il m'a aperçu & m'a prié de vous venir avertir de l'état où il est, & de vous dire de me donner tout ce qu'il a vaillant sans en rien retenir, parce qu'autrement ils le tueront sans miséricorde. Comme la chose presse beaucoup, il a voulu que je prisse ses bottes de sept lieues que voilà pour faire diligence, & aussi afin que vous ne croyiez pas que je sois un affronteur." La bonne femme fort effrayée lui donna aussitôt tout ce qu'elle avait car cet ogre ne laissait pas d'être fort bon mari, quoiqu'il mangeât les petits enfants. »
 
 

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