Le cerf malade
Livre douzième, fable VI
Dessin de Gustave Doré, gravure sur bois d'Adolphe Pannemaker et Albert Doms.
Planche hors texte gravée sur bois, destinée à illustrer les Fables de Jean de La Fontaine avec les dessins de Gustave Doré.
Louis Hachette (Paris), 1867. 2 vol. Tome 2, p. 306.
BnF, Réserve des livres rares, Smith Lesouëf R-6286
© Bibliothèque nationale de France
« En pays pleins de cerfs un cerf tomba malade.
Incontinent maint camarade
Accourt à son grabat le voir, le secourir,
Le consoler du moins : multitude importune.
"Eh ! messieurs, laissez-moi mourir.
Permettez qu’en forme commune
La Parque m’expédie, et finissez vos pleurs."
Point du tout : les consolateurs
De ce triste devoir tout au long s’acquittèrent ;
Quand il plut à Dieu s’en allèrent.
Ce ne fut pas sans boire un coup,
C’est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.
Tout se mit à brouter les bois du voisinage.
La pitance du cerf en déchut de beaucoup ;
Il ne trouva plus rien à frire.
D’un mal il tomba dans un pire,
Et se vit réduire à la fin
À jeûner et mourir de faim.

Il en coûte à qui vous réclame,
Médecins du corps et de l’âme.
Ô temps, ô mœurs ! J’ai beau crier,
Tout le monde se fait payer. »
 
 

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