Expositions virtuelles
Gustave Doré

Glossaire des techniques de l'estampe
appliqué à l’œuvre imprimé de Gustave Doré

par Valérie Sueur-Hermel
  Quelques termes généraux
Estampe Image multipliable obtenue par tirage à partir d’un support gravé ou dessiné, tel qu’une planche de bois, une plaque de métal, ou une pierre lithographique. Cette matrice, encrée et passée sous une presse, est imprimée sur une feuille de papier ou sur un autre support. Le terme s’applique à toutes les techniques : gravure sur bois, taille-douce, lithographie.
On parle d’estampe originale, par opposition à l’estampe de reproduction ou d’interprétation, lorsque l’artiste réalise lui-même la matrice.
Tirage

Impression de la planche gravée ou lithographiée à l’aide d’une presse.
Le tirage désigne aussi le nombre d’exemplaires obtenus.

Épreuve

Exemplaire d’une estampe obtenu à partir du support gravé ou lithographié.

État

Étape dans le tirage d’une estampe avant une modification. Chaque correction apportée, même minime, fait passer l’estampe d’un état à un autre, numéroté 1er état, 2e état, etc.
Les épreuves précédant l’état définitif sont appelées épreuves d’état.



  L'eau-forte
 

L’eau-forte appartient à la famille des techniques de l’estampe désignée sous l’appellation générique de gravure en taille-douce qui regroupe l’ensemble des procédés de gravure en creux sur métal : le burin, la pointe sèche, l’eau-forte, l’aquatinte, le vernis mou et la manière noire.

Eau-forte Sur une plaque préalablement recouverte de vernis noirci, le graveur dessine son motif à l’aide d’une pointe. La plaque est alors plongée dans un mélange d’acide nitrique et d’eau, appelé eau-forte, qui attaque le métal mis à nu par le tracé de la pointe. C’est l’étape de la morsure, plus ou moins prolongée selon l’intensité des noirs souhaitée. La plaque est ensuite dévernie, encrée, essuyée et tirée sous une presse.
Aquatinte

Dérivé de l’eau-forte, ce procédé permet d’obtenir des effets de teinte d’une densité plus ou moins importante. La plaque est recouverte d’une fine couche de résine que l’on fait adhérer par chauffage. L’acide mordra ensuite le métal aux endroits qui ne sont pas protégés, entre les grains de résine. Suivant la grosseur des grains de résine et le temps de morsure, on obtient des effets différents et des valeurs plus ou moins foncées.

Encrage

Opération au cours de laquelle on dépose l’encre sur la plaque, soit avec un rouleau, soit par application au tampon. On enlève ensuite l’excédent d’encre à l’aide de poignées de tarlatane (mousseline raide) : c’est l’étape de l’essuyage qui est achevée par le paumage en passant la paume de la main sur la plaque. On procède ensuite au tirage.



  La gravure sur bois
 

La gravure sur bois appartient à la famille des techniques de l’estampe désignée sous l’appellation générique de gravure en relief ou de taille d’épargne.
La matrice en bois est creusée de façon à épargner le dessin, le laissant ainsi en relief. Cette partie en relief est encrée et imprimée sous une presse ou à la main.
On distingue deux modes de gravure sur bois :

La gravure sur bois de fil

Technique la plus ancienne, elle utilise une planche découpée dans le sens du fil du bois travaillée à l’aide de gouges, couteaux et ciseaux.

La gravure sur bois de bout

Inventée au début du XIXe siècle, elle utilise des blocs de bois coupés dans le sens transversal de l’arbre qui seront travaillés à l’aide de burins et d’échoppes.
C’est cette technique, grâce à laquelle l’image peut être mêlée au texte, qui a permis le développement sans précédent du livre et de la presse illustrés au XIXe siècle.
Pour la gravure sur bois de bout, le buis est le plus fréquemment choisi pour sa densité et sa dureté. Plusieurs morceaux sont assemblés pour obtenir une planche prête à être gravée.
 
Au sein de la gravure sur bois de bout, il faut distinguer la gravure de trait (ou bois de trait) et la gravure de teinte (ou bois de teinte).

                  la gravure de trait

Dite aussi gravure en fac-simile, elle retranscrit fidèlement les traits d’un dessin linéaire, sans valeurs.

               la gravure de teinte

Elle traduit les valeurs d’un dessin exécuté au pinceau, en les interprétant par un jeu de tailles variées. Pour ce travail d’interprétation le graveur dispose de burins de sections variées, de pointes, d’échoppes pour creuser entre les traits et de vélos qui permettent d’obtenir plusieurs tailles parallèles en une seule fois. Avec cet outillage varié, il peut dessiner hachures, traits croisés ou sinueux, pleins et déliés, pointillés etc.
Par la finesse des tailles, le résultat obtenu tend à se rapprocher de la taille-douce.
 Gustave Doré et ses interprètes graveurs ont mis au point la gravure de teinte qui est omniprésente dans les ouvrages qu’il a illustrés.

Fumé

Épreuve d’essai obtenue à partir d’une gravure sur bois encrée au noir de fumée ou à l’encre maigre par frottage manuel sur un papier mince et sur lequel s’établissait le bon à tirer.



  La lithographie
 

La lithographie appartient à la famille des techniques de l’estampe désignée sous l’appellation générique de procédés à plat.
Inventée entre 1796 et 1798 par l’allemand Aloys Senefelder (1771-1834), la lithographie est fondée sur la répulsion naturelle de l’eau face à un corps gras. Sur une pierre calcaire polie et plus ou moins grainée, on dessine à la plume ou au crayon. Le gras de l’encre ou du crayon est fixé sur le support grâce à un apprêt chimique de sa surface à l’aide d’une solution acidulée et de gomme arabique. Sous la presse à imprimer l’encre grasse d’imprimerie est acceptée face à la trace grasse du dessin et rejetée partout ailleurs où la pierre est seulement mouillée.

Gillotage

Procédé de photogravure mis au point par Firmin Gillot en 1850, puis amélioré par son fils Charles, qui consiste à mettre en relief sur zinc, par morsure à l’acide, un dessin tracé à l’encre grasse, de façon à le transformer en cliché dont on peut tirer des épreuves par les procédés d’impression ordinaires en typographie.
En 1856-1857, les lithographies de Doré sont reproduites par ce procédé dans le périodique le Musée français-français, ce qui permet la mécanisation de l’impression, mais entraîne une perte de qualité notamment dans la restitution des noirs.



   
 

voir aussi :
L'ESTAMPE : L'ART DU MULTIPLE
Bibliographie sélective (BnF, 2011)
Techniques de la gravure
par Maxime Préaud

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