arrêt sur

Le rapport à l'image

 
L'interdit mosaïque concernant la représentation divine n'a pas été repris par le christianisme, mais le développement du culte envers les images a très tôt suscité un débat doctrinal et théologique. Si l'Église d'Occident donne à l'image une fonction principalement pédagogique, l'Église d'Orient lui confère une dimension sacrée : l'icône est une fenêtre ouverte sur l'absolu, une vision de l'invisible ; elle manifeste la sainteté de la présence divine et son langage de beauté et de lumière aide le fidèle dans sa rencontre avec le personnage représenté ; elle est considérée comme expression de la parole vivante au même titre que l'Écriture sainte.
La Trinité
La TrinitéLa Trinité
 
Bien différent est l'usage de l'image dans la tradition occidentale : si elle y contribue à la magnification de la Parole divine, elle y préside aussi aux apprentissages et à la mémorisation des séquences de texte. Les XIIIe et XIVe siècles voient fleurir, à travers les psautiers, les bibles moralisées puis les bibles des pauvres, une très belle imagerie dont les modèles ne cesseront d'être copiés d'un manuscrit à l'autre et de se retrouver sur des supports très divers : vitraux, fresques, tapisseries jusqu'à servir de cadre au théâtre médiéval. L'imprimerie remplacera les lettres historiées et les enluminures par des bois gravés inlassablement reproduits.