"Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes." (Deut., IV, 4.)
Étui pour versets de la Torah : mezouzah
Famille Lalou, à Laghouat (Algérie), XIXe-XXe siècle
H. : 25,5 cm
Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, inv. 98.36.003
On appelle mezouzah de petits étuis de bois, de métal ou de verre, de forme allongée, que tout juif doit fixer sur le montant droit de l'encadrement de la porte d'entrée et des pièces du foyer, à l'exception des sanitaires et des cagibis, ainsi qu'à l'entrée de tout local, y compris les portes de la ville ; ils contiennent un morceau de parchemin rectangulaire, calligraphié à la main, plié ou roulé, sur lequel sont copiés deux extraits du Deutéronome (VI, 4-9 et XI, 13-21) renfermant l'essentiel de la foi juive, proclamation du monothéisme ("Écoute, Israël, l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est Un") et l'engagement d'écrire ces versets sur les linteaux de chaque maison. Ils évoquent le moment où, lors de la sortie d'Égypte, Moïse reçut l'ordre divin de demander aux Hébreux de tracer sur le linteau et le chambranle des portes de leurs maisons un signe avec le sang de l'agneau pascal pour les soustraire à l'ange exterminateur. Les croyances populaires leur accordent le pouvoir de protéger le foyer. Dans ce cas précis, le parchemin est entièrement apparent au centre d'une plaque en forme de mihrab, décorée de plusieurs motifs empruntés aux cultures musulmanes et juives ; les trois lettres qui composent le mot Shaday (le Tout-Puissant) sont visibles ; le Temple est évoqué par deux piliers latéraux, réminiscence des colonnes torsadées qui étaient situées à l'entrée ; au centre, deux mains en position de bénédiction sacerdotale indiquent peut-être que la maison d'où provient cette mezouzah était celle de prêtres ; dans la partie haute, deux colombes, symboles de paix, se font face et une main de Fatîma, symbole apotropaïque, est surmontée d'un croissant.