La micrographie : un appel à "plus haut sens"
Bible
[Espagne, Castille ou Catalogne], 1357
Parchemin, 414 f., 33,5 x 27 cm
BNF, Manuscrits orientaux, hébreu 30, f. 27 v-28
"Et Joseph adjura les enfants d'Israël en disant : "Oui, le Seigneur vous visitera et alors vous emporterez mes ossements de ce pays." Joseph mourut âgé de cent dix ans ; on l'embauma, et il fut déposé dans un cercueil en Égypte." (Genèse, l, 25-26.)
L'utilisation de la massore comme décor est l'une des plus anciennes traditions de la calligraphie juive. Le copiste dessinait sur le parchemin un décor à la pointe sèche – lignes brisées, entrelacées, fragmentées, courbes, compositions végétales élaborées ou simples motifs géométriques –, sur lequel il traçait les lettres en écriture micrographique, la massore se trouvant habituellement dans les parties marginales en lignes parallèles, horizontales ou verticales par rapport au texte. Dans ce manuscrit espagnol, ouvert au dernier verset de la Genèse, où l'on raconte la mort de Joseph et son embaumement, le calligraphe, illustrant les derniers mots du livre, a inséré un décor micrographique représentant le cercueil en métal que les Égyptiens avaient immergé dans le Nil, cachant aux Hébreux le lieu de sa sépulture et pensant ainsi les empêcher de quitter l'Égypte car ils avaient juré de ne pas partir sans emporter les os du patriarche ; conformément au récit du Midrash, l'artiste l'a représenté flottant sur le Nil au moment où, Moïse, au bord du fleuve, ayant appelé quatre fois Joseph par son nom, le cercueil "aussi léger que le roseau" remonte et flotte à la surface des eaux.
 
 
 
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