De la fiction à la légende :
Pseudo-Denys l'Aréopagite
Lettre à Polycarpe
Constantinople, vers 800
Parchemin, 216 f., 25 x 17,5 cm
BNF, Manuscrits, grec 437, f. 197 v-198
Dans sa Lettre à Polycarpe, le Pseudo-Denys rapporte comment il fut témoin, à Héliopolis en Égypte, de l'éclipse surnaturelle qui serait survenue lors de la crucifixion du Christ. Jointe aux autres éléments autobiographiques disséminés dans le corpus dionysien, cette Lettre vise à accréditer la fiction – très largement acceptée pendant tout le Moyen Âge – de l'identité de l'auteur chrétien du VIe siècle avec un membre de l'Aréopage converti par saint Paul, appelé aussi Denys et qui est mentionné dans les Actes des Apôtres. Amplifiée par l'identification ultérieure de Denys l'Aréopagite avec le premier évêque de Paris, portant le même nom, la légende dionysienne contribue de façon décisive à l'extraordinaire fortune des écrits théologiques du Pseudo-Denys dans la chrétienté médiévale. Ce manuscrit, offert par l'empereur byzantin Michel II à l'empereur franc Louis le Pieux en 827, est lui-même directement à l'origine des premières traductions latines du corpus. Déposé à l'abbaye de Saint-Denis à la veille de la fête du saint (8 octobre), le livre provoque immédiatement la guérison miraculeuse de dix-neuf infirmes. À peine arrivé en Occident, le manuscrit grec des traités théologiques de Denys est devenu une relique.