Les incertitudes de la fixation du texte
Bible carolingienne
Saint-Riquier, 822
Parchemin, 2 vol., 199 et 215 f., 52,5 x 34 cm
BNF, Manuscrits, latin 11504, f. 44
Cette Bible en deux volumes datée dans l'O initial de l'Ecclésiastique de 822, "la 8 année du règne de Louis [le Pieux]" (vol. II, f. 11 v), a vraisemblablement été réalisée à Saint-Riquier, comme le suggère sa forte ressemblance textuelle avec un exemplaire provenant du scriptorium de cette abbaye (BNF, Manuscrits, latin 45 et 93). En tête de la Genèse, un poème d'Alcuin tente de fixer l'ordre des livres de la Bible, mais le copiste ne l'a pas respecté. De bonne qualité, le texte est proche de la version de Théodulphe, comme le confirment les indications de stichométrie (comptage du nombre de lignes de chaque livre, caractéristique des bibles de haute époque) : il mélange encore les versions de la Vulgate et de la Vetus latina et n'est pas exempt d'interpolations et de fautes, témoignant ainsi de la liberté d'utilisation des variantes qui règne encore au début de l'époque carolingienne, à côté d'une recherche déjà aiguë d'exactitude et de pureté. Les additions dans les marges donnent des leçons différentes de celles du manuscrit primitif. Comme la plupart des bibles anciennes conservées à Paris au XVIe siècle, ce manuscrit a servi pour l'édition d'Estienne.